Anthony Héline, Agriculteur à Vouzailles, dans la Vienne

Adepte des pratiques nouvelles comme le semis avec plantes compagnes ou l’allongement des rotations, Anthony Héline, agriculteur près de Poitiers, attend avec impatience l’arrivée du désherbage en post-levée du colza. Il nous explique pourquoi.

Avez-vous implanté toutes les surfaces de colza que vous vouliez semer à l’automne 2016 ?

A.H. : Malheureusement, non. Les conditions étaient trop sèches, je n’ai pas voulu prendre le risque de tout implanter. D’habitude, sur les 130 ha de grandes cultures que compte l’exploitation, j’en sème environ 35 ha. Cette année, je me suis limité à 25 ha. C’est toujours contrariant de semer et désherber à l’aveugle en pré-semis post-semis prélevée, puis de devoir ensuite retourner la culture à cause d’une mauvaise levée.

 

A quelles mauvaises herbes devez-vous surtout faire face dans vos parcelles de colza ?

A.H. : Dans les sols argilo-calcaires à cailloux, nous sommes surtout concernés par des infestations de géraniums. Ce sont des mauvaises herbes qui posent vraiment de grosses difficultés de désherbage. Dans les autres types de sol, la pression est moins forte mais augmente d’année en année. Personnellement, mes parcelles ne sont pas envahies de géraniums et les géraniums ne mettent pas en péril ma culture. Mais il faut que je prenne le maximum de précautions au moment du désherbage pour obtenir des parcelles relativement propres. Le chardon-Marie nous gêne aussi de plus en plus. Nous devons également faire face à des graminées, mais là, nous disposons des solutions qu’il faut en post-levée, pour bien les maîtriser.

 

Comment désherbez-vous habituellement votre colza ?

A.H. : J’interviens d’abord en pré-semis soit trois ou quatre jours avant le semis avec incorporation immédiate, soit le jour du semis, et dans ce cas, c’est le passage du semoir qui l’incorpore. Je reviens en post-levée au stade 2 feuilles environ. J’applique ensuite dans le courant de l’automne, contre les chardons et les graminées, un herbicide de post-levée qui a très bien fonctionné et qui a été utilisé pour contrôler les derniers géraniums disséqués restants derrière le programme de prélevée.

 

Il sera bientôt possible de passer au désherbage de post-levée pour le colza, est-ce que cette technique vous semble intéressante ?

A.H. : Non seulement c’est une technique intéressante, mais elle va révolutionner le désherbage du colza et je l’attends avec impatience. Si on peut désherber 100 % des dicotylédones en post-levée y compris les géraniums, c’est sûr les agriculteurs changeront leurs pratiques. Sans compter qu’intervenir en post-levée, présente aussi l’avantage de ne pas appliquer un herbicide pour rien en cas de retournement, ce qui nous arrive dans la région une à deux années sur dix. C’est bon pour l’environnement mais aussi pour notre portefeuille.

 

Avez-vous recours à d’autres solutions que la chimie pour réduire la pression des mauvaises herbes ?

A.H. : J’essaie d’allonger la rotation en introduisant des cultures nouvelles comme le lin oléagineux ou les pois de printemps qui ne sélectionnent pas les mêmes mauvaises herbes. Je me suis aussi intéressé ces dernières années, au semis de colza avec plantes compagnes. Mais la technique n’apporte pas grand-chose côté désherbage. L’action d’étouffement des mauvaises herbes n’est pas vraiment au rendez-vous. J’ai par contre noté un intérêt réel pour lutter contre les insectes qui, par la présence de plusieurs espèces dans la même parcelle, ont du mal à reconnaître le colza.

Comment se porte aujourd’hui votre colza, après les périodes de sécheresse de l’automne et du printemps que nous avons eues, suivies des épisodes de gel du mois d’avril ?

A.H. : Le colza a rencontré bien des difficultés cette année, après les problèmes de levée et le printemps très sec, les trois ou quatre nuits de gel que nous avons eues entre le 20 et le 28 avril, ont conduit à de nombreux avortements de siliques. Il reste malgré tout, du potentiel. On ne battra pas de records cette année, mais on devrait atteindre un rendement correct, de 30 à 35 q/ha.

 

 

 

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