Campagne 2017-2018 : Des colzas bien implantés qui souffrent parfois d’excès d’eau

Les agriculteurs ont bénéficié à l’automne 2017, de conditions beaucoup plus favorables au semis et à la levée du colza, que lors de la campagne précédente. Les quantités importantes d’eau tombées cet hiver pourraient cependant remettre en cause la culture dans certaines parcelles.

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Après un automne très compliqué pour les semis et la levée des colzas en 2016, l’automne 2017 a renoué avec des conditions beaucoup plus favorables pour l’implantation de la culture. Résultat, après une baisse de près de 10 % à 1,403 million ha, les surfaces consacrées au colza en France, repassent cette année, la barre des 1,5 million ha, à 1,537 million ha, selon les premières estimations d’Agreste. Elles retrouvent ainsi leur niveau d’il y a deux ans. Dans l’ensemble, les colzas ont été semés assez tôt dans un sol relativement humide, ce qui a permis aux cultures de lever rapidement. Elles étaient en moyenne bien développées à l’entrée de l’hiver avec cependant quelques exceptions. Dans la Drôme, en Languedoc Roussillon et en Provence Alpes Côte d’Azur, la sécheresse estivale a pénalisé les colzas et les surfaces sont en recul. En Poitou-Charentes et dans le Berry, les semis tardifs ont aussi souffert.

 

Des désherbages plutôt bien réussis

Qui dit implantation rapide, dit aussi gestion plus facile des mauvaises herbes. Là où il a plu après les semis, les herbicides de prélevée ont fait preuve d’une meilleure efficacité cette année, les colzas ont poussé rapidement et ont couvert le sol plus tôt. Le salissement des parcelles est dans l’ensemble plus limité cette année, même si les désherbages de prélevée ont commencé à atteindre leur limite d’efficacité en novembre sur géraniums ou coquelicots. À noter également que de grosses attaques d’altises se sont à nouveau produites cette année, dans le sud de la France, en région Poitou-Charentes et dans le Berry. Les colzas les plus chétifs ou freinés par certains herbicides de pré-levée ont été les plus exposés.

 

Les fortes pluies de l’hiver

Le temps très pluvieux des dernières semaines pourrait avoir des conséquences sur les cultures d’hiver et en particulier sur les colzas. Le Nord-Est a été très touché par ces fortes précipitations, et en particulier la Lorraine, la Champagne-Ardenne et la Bourgogne. Pour Terres Inovia, il est encore trop tôt pour juger de l’impact de ces fortes précipitations sur la croissance du colza. Mais la saturation en eau des sols entraîne au niveau des racines, une « anoxie », ou manque d’oxygène, phénomène auquel le colza est très sensible en hiver et au redémarrage de la végétation. Le redémarrage des plantes est pénalisé, les colzas prennent une couleur rougeâtre. Ces défauts d’enracinement vont réduire la capacité d’exploration des racines et donc la valorisation des ressources du sol. Le potentiel de la culture et ses capacités de compensation au printemps risquent d’être impactés en cas d’accidents climatiques ou d’attaques de ravageurs. Dans les parcelles où l’excès d’eau dure trop longtemps, le système racinaire peut pourrir entrainant la disparition de pieds.

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