Colza 2018 : des rendements, sans surprise, en recul.

La campagne 2017-2018 n’a pas été favorable au colza. Attaques d’insectes, excès d’eau, froid en fin d’hiver, difficultés de floraison, sécheresse, maladies de fin de cycle … le cumul des difficultés s’est traduit par des rendements globalement décevants sur l’ensemble de la France. En moyenne, ils dépassent tout juste les 30 q/ha. Le point dans les différentes régions.

 

Le rendement moyen national du colza d’hiver s’élève, selon les dernières estimations d’Agreste, à 30,8 q/ha, soit 7,5 q/ha de moins qu’en 2017, année où les résultats avaient dans l’ensemble, été très bons. Il faut dire qu’en 2017-2018, la culture a cumulé les difficultés tout au long de l’année, avec de fortes attaques d’altises à l’automne, des pluies incessantes et des excès d’eau cet hiver.

Une période de gel fin février au moment de la méiose et une pression méligèthes sans précédents au moment de la sortie des fleurs ont entraîné des difficultés de floraison, une sécheresse et des coups de chauds dans certaines régions ces derniers mois et enfin, des maladies en fin de cycle. Finalement à la récolte, sans surprise, les rendements sont en recul de 10,1 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années (2013 à 2017) avec une baisse quasi-généralisée sur l’ensemble du territoire français.

 

Ouest de la France, baisse importante

Dans l’Ouest de la France par exemple, après une année record en 2017, Terres Inovia estime les rendements en Pays de Loire, en moyenne entre 25 et 30 q/ha, avec une très forte hétérogénéité selon les parcelles. « La fin de cycle a été extrêmement rapide, les systèmes racinaires, fortement pénalisés par l’excès d’eau hivernal et printanier, et les coups de chaud de juin ont fortement impacté le remplissage », expliquent les responsables régionaux de Terres Inovia. En Bretagne, la moyenne devrait être un peu plus élevée, entre 30 et 35 q/ha mais avec des résultats compris entre 15 et 49 q/ha selon les parcelles. En Poitou-Charentes et Vendée, les moyennes n’excèdent pas 20 à 25 q/ha, tout comme dans le Limousin. Dans le Centre-Val de Loire, l’Eure-et-Loir et le Loiret tirent assez bien leur épingle du jeu avec des moyennes de 38 à 40 q/ha, mais avec de fortes disparités, de 18 à 50 q/ha selon les situations. Même hétérogénéité dans les autres départements de la région, mais avec des moyennes plutôt comprises entre 28 et 32 q/ha.

 

Nord et Est, des résultats décevants

Les Hauts de France devraient terminer l’année avec un niveau de productivité à l’hectare compris en moyenne entre 32 et 35 q/ha selon les départements, d’après les estimations Agreste. Les rendements accusent un recul de 20 à 25 % par rapport aux très bons résultats de 2017, et de 10 à 16 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Le nord-est a aussi été pénalisé avec des moyennes autour de 30 q/ha en Lorraine, 32 à 34 q/ha en Champagne-Ardenne et 30-32 q/ha, en Bourgogne-Franche-Comté, où l’amplitude des rendements est très importante, de 15 à 42 q/ha. « Les situations très touchées par les insectes d’automne ou ayant souffert d’hydromorphie ont décroché », constatent les responsables régionaux Terres Inovia

 

Sud-ouest et sud-est, des situations contrastées

En Aquitaine et Midi-Pyrénées, Terres Inovia estime les résultats très variables selon les situations, avec des rendements qui oscillent entre 10 et 25 q/ha dans les situations les plus difficiles, mais qui peuvent aller de 38 à plus de 40 q/ha, en conditions plus favorables. Même constat en Rhône Alpes, où la moyenne devrait se situer autour de 30 q/ha mais avec des résultats autour de 18-20 q/ha en sols superficiels à plus de 40 q/ha en terres profondes. Seul le sud-est termine l’année avec des moyennes en 2018, légèrement supérieures à celles des cinq dernières années … mais inférieures, là encore, à celles de 2017.

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