Ça se passe ailleurs
Danemark

Au Danemark, les agriculteurs désherbent pour le moment, leurs colzas d’hiver avec des herbicides de prélevée. Mais pour Jens Erik Jensen, la possibilité de désherber en post-levée, permettrait de soulager leur charge de travail au moment des semis, et surtout, de traiter à vue et ainsi d’optimiser l’utilisation des herbicides. Décryptage.

Interview

Jens Erik Jensen,

Conseiller en agronomie senior à l’Institut Technique Seges, au Danemark

Quelle est la place du colza au Danemark ?

E. J. : Le colza est une tête d’assolement très importante. Sur les 2,6 millions ha de surfaces agricoles de notre pays, il occupe 175 200 ha, 174 000 ha pour le colza d’hiver et 1 200 ha pour les variétés de printemps.

Le rendement moyen en colza d’hiver s’est élevé à 39 q/ha au cours des cinq dernières années. Le colza est apprécié car c’est un très bon précédent à céréales. En dehors de la période de semis, très chargée pour les agriculteurs, il permet un bon étalement du travail tout au long de l’année. Il est aussi intéressant sur le plan du désherbage et de la gestion des graminées résistantes, car il permet d’utiliser des produits à modes d’action différents de ceux employés en céréales.

À quelles adventices, les agriculteurs doivent-ils faire face dans leurs colzas ?

E. J. : Les parcelles de colza sont surtout infestées de dicotylédones, matricaire, coquelicot, plusieurs espèces de géraniums, capselle bourse à pasteur, etc… Les agriculteurs sont aussi confrontés à des graminées, pâturin annuel, ray-grass, vulpin, et plus récemment, vulpies.

Comment les colzas sont-ils en général désherbés ?

E. J. : Les agriculteurs danois n’utilisent quasiment pas de produits de pré-semis. Ils interviennent en général en prélevée, suivi d’une application un peu plus tard à l’automne, d’antigraminées spécifiques.

Le désherbage de postlevée aurait-il un intérêt en colza ?

E. J. : Il intéresse beaucoup les agriculteurs danois car il interviendrait entre septembre et novembre, à une période où leur charge de travail est nettement moins lourde qu’après les semis. Il permet aussi de traiter à vue, c’est-à dire de vérifier si des adventices sont bien présentes dans la parcelle avant d’intervenir, et quelles mauvaises herbes il faut viser. La post-levée permettrait d’optimiser l’utilisation d’herbicides et les programmes de désherbage. Nous avons au Danemark, une très forte pression pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires depuis plus de trente ans, et nos taxes sur les pesticides sont les plus élevées au monde ! Ce serait donc une très bonne chose pour les agriculteurs de pouvoir contrôler les mauvaises herbes dans leurs colzas, avec un optimum d’herbicides. Le désherbage de post-levée apporterait aussi de la souplesse dans le choix de la date d’intervention. En prélevée, en août, la germination du colza peut être très rapide et le nombre de jours pour intervenir, limité. La post-levée ne rajoute pas de passage supplémentaire à l’agriculteur, car il intervient déjà à l’automne, sur ses parcelles, pour d’autres applications phytosanitaires.

Quelles sont les principales missions du Seges ?

E. J. : Le Seges coordonne les essais nationaux de variétés, produits phytosanitaires et nouvelles techniques de production. Il assure aussi des missions de conseils auprès des techniciens et conseillers agricoles et via son site internet,

www.landbrugsinfo.dk.

 

 » La post-levée permettrait d’optimiser l’utilisation d’herbicides et les programmes de désherbage. »

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