INTERVIEW – Jean-Hilaire Renaudat, Agriculteur à Saint-Martin de Lamps dans l’Indre

En non labour depuis vingt-cinq ans, Jean-Hilaire Renaudat est surtout gêné dans ses parcelles de colza, par les géraniums, le gaillet et ces dernières années, le chardon-marie. Pour faciliter le désherbage, il aimerait disposer de solutions de post-levée à large spectre anti-dicots. Son point de vue.

Quelle est la place du colza sur votre exploitation et quels niveaux de rendement avez-vous obtenus en 2017 ?

J-H. R. : Nous implantons chaque année entre 200 et 250 ha de colza, 220 ha cette année. L’exploitation est composée de deux types de sol, des argilo-calcaires moyennement profonds et des limons argileux. Sur limons, les rendements ont été bons, 42 q/ha en moyenne. Sur argilo-calcaires, ils se situent entre 35 et 36 q/ha en moyenne, mais avec une parcelle qui a souffert du gel fin avril, et qui a plafonné à 29 q/ha.

 

A quelles mauvaises herbes devez-vous faire face dans le colza ?

J-H. R. : Les mauvaises herbes les plus gênantes chez nous, sont les géraniums, le gaillet et ces dernières années, le chardon-marie. Les autres dicotylédones sont bien maîtrisées par le désherbage. En graminées, nous devons surtout faire face à des vulpins résistants. Nous sommes en non labour depuis vingt-cinq ans, ce qui a provoqué une augmentation du taux de matière organique (MO) dans le sol. Or en argilo-calcaires, dès qu’on dépasse les 3 % de taux de MO dans le sol, le désherbage devient très compliqué avec des racinaires. Depuis deux ans, nous avons réintroduit le labour avant le blé, pour rediluer la matière organique dans le sol. Notre objectif est de refaire un labour seulement tous les 6 à 10 ans.

 

Quels programmes mettez-vous en œuvre pour contrôler les adventices ?

J-H. R. : Dans les parcelles avec géraniums, j’interviens en présemis avec de la napropamide à 900 g/ha, puis avec du métazachlore, diméthénamide-P et quinmérac, soit en post-semis, soit en post-levée précoce, suivi d’un herbicide de post-levée en décembre. L’an dernier, les champs ont été propres là où le colza a bien levé. La culture a étouffé les mauvaises herbes. Là où le colza a peiné au départ et était clair, les géraniums ont réussi à passer. Dans les autres parcelles, j’adopte le même programme sans napropamide en présemis. Enfin, dans les parcelles infestées de sanves, soit 0 à 25 % de mes colzas selon les années, j’opte pour des variétés résistantes Clearfield. J’interviens alors avec une dose réduite de métazachlore et diméthénamide-P en post-semis ou post levée précoce puis avec un herbicide à base d’imazamox, sur les mauvaises herbes visibles, en général autour du stade 4 feuilles du colza.

 

Une nouvelle solution antidicots de post-levée devrait être disponible prochainement. Qu’en pensez-vous ?

J-H. R. : La technique du désherbage « tout en post-levée » est a priori très intéressante. Elle permet de n’intervenir que lorsque le colza est levé et de traiter à vue lorsque les mauvaises herbes sont sorties. Elle apporte plus de souplesse dans le choix de la date du traitement. Et l’année où la culture ne lève pas, on n’a pas appliqué un herbicide pour rien. Nous recherchons un produit qui soit efficace sur géraniums et chardons marie.

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