INTERVIEW – Jean-Luc Marx, Agriculteur à Mars-sur-Allier

Après avoir rencontré de grosses difficultés de désherbage, de contrôle des insectes et de plafonnement des rendements dans les céréales comme dans le colza, Jean-Luc Marx a complètement modifié sa stratégie sur son exploitation de 380 ha de Mars-sur-Allier dans la Nièvre. Son nouveau système de culture basé sur une rotation longue, l’introduction de nouvelles cultures et le semis
de plantes compagnes en colza, commence à porter ses fruits. Il n’intervient plus qu’en post-levée pour désherber ses colzas. Explication.

Vous avez modifié radicalement la stratégie de votre exploitation il y a cinq ans. Pour quelles raisons ?

J-L. M. : En non labour depuis 2001, nous étions passés en rotations très courtes, tout hiver, blé-orge-colza sur une partie de la ferme, ou tout printemps avec une dominante maïs irrigué sur le reste. Le travail vertical du sol nous a permis de ne plus altérer les sols qui sont soit argilo-sableux, soit sabloargileux, mais nous avons eu de gros soucis de salissement dans nos parcelles. Nous avons eu de fortes infestations de vulpins, ray-grass, géraniums et matricaires, que nous n’arrivions plus à contrôler malgré un coût du désherbage très élevé. Nous étions dans une impasse, les rendements plafonnaient. Économiquement, ça ne passait plus. Dans le colza, nous devions en plus faire face à l’arrivée d’altises résistantes.

 

Qu’avez-vous mis en oeuvre pour sortir de cette impasse ?

J-L. M. : Nous avons créé un groupe de réflexion au sein de notre Ceta, le Ceta Entre Loire-et-Allier, qui nous a conduit à repenser complètement notre stratégie. Nous avons installé l’irrigation sur toute l’exploitation pour pouvoir cultiver du maïs partout. Nous avons Jean-Luc Marx introduit le soja sur la ferme, et nous sommes passés à des rotations de cinq ans, type maïsmaïs- blé-colza-soja. Cette nouvelle stratégie commence à porter ses fruits, la pression des adventices a baissé, les matricaires ont quasi disparu. En implantant deux cultures d’hiver puis deux ou trois cultures de printemps, le cycle des mauvaises herbes est cassé. L’allongement de la rotation permet aussi de regagner des quintaux. En 2017, je suis passé pour ma 30ème moisson d’une moyenne en colza de 3,3 – 3,4 t/ha, à 3,7 t/ha.

 

Comment gérez-vous aujourd’hui le désherbage dans le colza ?

J-L. M. : J’ai abandonné la pré-levée et je suis passé à un désherbage tout en post. Je réalise un premier traitement de post-levée précoce avec selon les parcelles, du métazachlore ou une association, diméthénamide-P, métazachlore et quinmérac ou métazachlore et quinmérac. Je reviens ensuite en fin d’automne ou dans le courant de l’hiver, soit avec un anti-graminées s’il ne reste que des graminées, soit avec un antidicotylédone de post-levée en présence de géraniums. Et je suis très satisfait du résultat.

 

Qu’appréciez-vous dans la postlevée ?

J-L. M. : Le fait d’avoir réduit par l’agronomie la pression des mauvaises herbes, et d’intervenir uniquement en postlevée permet de diminuer la quantité totale d’herbicides employés et de choisir le produit qui correspond parfaitement aux mauvaises herbes présentes. À l’automne 2017, j’ai aussi associé de la féverole au colza lors du semis, dans une grande partie de mes parcelles, sans effet réel sur le salissement. Mais je vais poursuivre mes expérimentations. Mon objectif à terme, est de ne plus travailler du
tout le sol.

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