Ça se passe ailleurs Pologne

À la tête du département agro-technologie, productions agricoles et agribusiness à la faculté de gestion de l’environnement et d’agriculture de l’Université de Warmie et Mazurie, le Professeur Krzysztof Jankowski s’est surtout focalisé, pour ses activités de recherche, sur l’agronomie du colza. Il fait le point sur le colza et son désherbage, en pleine évolution dans son pays.

 

INTERVIEW : Professeur Krzystof Jankowski de l’Université de Warmie et Mazurie, à Olsztyn

Quelle est l’importance du colza en Pologne­ ?

K. J. : La Pologne est le 4ème pays producteur de colza en Europe, derrière la France, l’Allemagne et la Grande- Bretagne, avec depuis trois ans, environ 900. 000 ha implantés, dont 85 à 90 % en colza d’hiver. Depuis 10 ans, les surfaces ont augmenté de 55.000 ha/an en moyenne. Le colza occupe en Pologne, entre 8 et 9 % de la SAU, contre 20 à 22 % pour le blé. La part de la production de colza exportée s’est accrue ces dernières années, surtout pour répondre à l’augmentation de la demande européenne en biodiesel. Elle représente 20 à 30 % de la production, soit 720.000 à 920.000 t/an.

 

Quels niveaux de rendement, le colza peut-il atteindre ?

K. J. : Depuis trois ans, le rendement moyen en colza d’hiver est resté stable, entre 2,9 et 3,4 t/ha. 80 % des surfaces sont implantées dans le nord et l’ouest de la Pologne, des régions au climat, types de sol et structures d’exploitation plus favorables à la culture. Mais on trouve aussi du colza dans l’est et le sud-est du pays. Le choix de la date de semis est beaucoup plus important qu’en Europe de l’ouest à cause des risques de gel en hiver et au printemps. Dans le nord et l’est, les dates de semis optimales se situent entre le 10 et le 15 août ; dans le sud et le sud-ouest, entre le 20 et le 25 août. Au-delà, le risque de perte de rendement ira de 35 à 129 kg/ha et par jour de décalage par rapport à la date optimale. Malheureusement, la moitié des agriculteurs sème encore trop tard ses colzas.

 

Quelles mauvaises-herbes les agriculteurs rencontrent-ils dans leurs parcelles de colza­ ?

K. J. : À l’automne, les adventices qui lèvent très vite comme les pensées, stellaires, véroniques, géraniums et lamiers. Les crucifères comme les navettes, tabourets des champs, capselles bourse-à-pasteur, ravenelles ou sisymbres sont particulièrement difficiles à détruire à l’automne à cause du nombre limité d’herbicides efficaces contre ces adventices et suffisamment sélectifs du colza. Certaines adventices comme les bleuets, coquelicots, gaillets gratterons et matricaires, apparaissent juste après le semis, mais n’entrent en compétition avec le colza qu’au printemps. Les graminées posent moins de problèmes. On trouve surtout des repousses de céréales, chiendents et agrostis jouet du vent.

 

Prélevée, post-levée, comment le colza est-il en général désherbé en Pologne ­?

K. J. : La plupart des agriculteurs interviennent juste avant le semis ou dans les trois jours qui suivent, pour éliminer rapidement, la compétition des adventices. Mais en conditions sèches, l’efficacité des herbicides de prélevée peut être limitée. Les herbicides de post-levée appliqués au stade 2 à 4 feuilles, sont plus souples à utiliser, notamment en termes de date d’application. Ils ont par contre des inconvénients, un choix plus limité de substances actives disponibles et une moins bonne efficacité des traitements trop tardifs. De plus en plus d’agriculteurs réalisent leur désherbage en plusieurs applications, ce qui permet de réduire les doses à chaque passage, et améliorer ainsi la sélectivité des produits vis-à-vis du colza. Deuxième avantage, un traitement supplémentaire peut être réservé aux zones où le premier traitement n’a pas été assez efficace. Les applications de post-levée peuvent aussi être associées à une autre intervention, insecticide, fongicide ou régulateur de croissance.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *